Concours photo Giono : les lauréats
Par denis lebioda le mercredi 19 août 2026, 13:44 - Lien permanent
Superbe succès pour ce premier concours de photo Jean Giono co-organisé par l'association des Amis de Jean Giono et l'association Regards Alpins.
177 dossiers reçus, soit quelques 1126 photographies provenant de 29 pays !
Suite aux délibérations du jury, 3 lauréats de très haut niveau ont été récompensés...
Superbe succès pour ce premier concours de photo Jean Giono co-organisé par l'association des Amis de Jean Giono et l'association Regards Alpins.
Nous avons reçu :
- 177 contributions
- 1126 photographies
- Hommes : 105 dossiers (60%) - Femmes : 72 dossiers (40%)
- Provenance : France 149 dossiers (84%) - Autres pays 28 dossiers (16%)
- Autres pays : Afrique du Sud - Bangladesh (x3) - Turquie - Inde - Irlande - Portugal - Espagne (x4) - Angleterre - Iran - Taiwan (x2) - Grece - Suisse (x2) - Vietnam - Ouzbekistan - Italie - Allemagne (x2) - Maroc - Ukraine - Pays-Bas - Azerbaidjan.
Nous avons constitué un pré-jury de 19 membres membres de nos deux associations qui a eu la lourde tâche de noter chaque contribution en fonction de plusieurs critères (respect du thème - choix du sujet - originalité - créativité - qualité - maitrise technique).
Les 10 contributions les mieux notées ont ensuite été transmises au jury final co-présidé par Sylvie Giono et Hans Silvester qui a décerné les 3 prix prévus par le réglement du concours parmi les candidatures suivantes :
- Daumergue Michel (78200 Mantes-la-Jolie)
- Dion Patrice (31380 Gadirech)
- Ducroux Michel (13100 Aix-en-Provence)
- Fournier Pauline (13250 Cornillon-Confoux)
- Gable Pierre (04510 Aiglun)
- Giovannangeli Jean-Pierre (30133 Les Angles)
- Jumeau Stella (97432 St-Pierre - La Réunion)
- Ospina Andres (31320 Auzeville-Tolosane)
- Riabovol Vasilli (Dusseldorf - Allemagne)
- Roche Hélène (04100 Manosque)
Les résultats ont été annoncés officiellement le vendredi 31 juillet à 16h00, au théatre Jean le Bleu à Manosque, à l'occasion des Rencontres Giono 2026.
Nous sommes très heureux du succès de cette première édition du concours.
Sincères remerciements et chaleureuses félicitations à tous les participants et participantes, ainsi qu'à celles et ceux qui ont rendu possible cette belle aventure !
Les lauréats du concours :
1er prix :
- Patrice Dion
- Dotation de 500 € + une parution dans le prochain numéro de la revue Giono + un exemplaire du nouveau livre "Camargue" dédicacé par Sylvie Giono et Hans Silvester.
2ème prix :
- Pauline Fournier
- Dotation de 300 € + un exemplaire du nouveau livre "Camargue" dédicacé par Sylvie Giono et Hans Silvester.
3ème prix :
- Pierre Gable
- Dotation de 200 € + un exemplaire du nouveau livre "Camargue" dédicacé par Sylvie Giono et Hans Silvester.
Une sélection des photographies des lauréats est publiée ci-dessous.
1er prix : Dion Patrice
L’histoire commence en 1995. Cherchant un atelier d’artiste, j’acquiers un terrain d’un hectare et demi et commence à planter des arbres sans préméditation. Je fais découvrir à mon fils, petit alors, "L'Homme qui plantait des arbres" dessiné et animé par Frédéric Back, inconscient que cette animation, issue de ce livre que j’avais lu plus tôt, avait nourrit mon imaginaire au point que je plantais alors la graine instinctivement et à l’aventure. Lors du premier confinement en 2020, ce fut pour moi un tremplin de transformation de pensées et d’actes dans la perspective des enjeux écologiques. Actuellement, l’aventure continue aussi bien, dans le recherche expérimentale où la faune parcourant ce jardin est capturée à l'aide d’un piège photographique et dont les images sont tirées sur la flore de ce jardin par ce même procédé alternatif, comme une mise en abyme, que dans la transmission de cette technique dans un contexte solidaire.
Pan, qui vient du grec pân, est employé ici au sens de TOUT, il marque une idée d'ensemble, de totalité, de globalité. L'aventure PAN débuta lors du premier confinement, elle donna lieu en 2022 à un livre éponyme aux éditions Light Motiv. C'est une série d’œuvres végétales uniques, révélée sur des feuilles grâce à l'action du soleil sur la chlorophylle. De tâtonnement en expérimentation, sans utiliser ni chimie ni électricité, j'obtiens une image précise sur les feuilles utilisées en lieu d'un papier photosensible.
J'ai nommé cette technique l'Hélio-Chlorographie.
Les sujets de mes photographies s'accordent et résonnent avec les nervures et les courbes végétales. Chaque feuille est singulière et non reproductible, éphémère si la lumière continue de l'éclairer, mais pérenne si abritée de celle-ci et de l'humidité.
C'est un voyage sensoriel qui nous plonge dans l'origine de l'art graphique du paléolithique, dans la dimension d'un livre arbre sans automne. Les feuilles utilisées proviennent des arbres que j'ai planté sans préméditation depuis plus de 30 ans.
Ce périple visuel questionne notre empreinte écologique et les activités humaines qui ont une incidence sur l’habitabilité de notre monde et par conséquence de l'avenir des générations futures. J'interroge notre rapport à la nature, de son abondance perceptible, visible par la discrétion, le silence et la patience.
- Site de Patrice Dion : http://www.dionp.fr/





2ème prix : Pauline Fournier
"L’immense Pays Irréel d’Elzéard"
S’inspirant de l’incipit de Noé, cette série photographique cherche à donner corps à cet « immense pays irréel » évoqué par Jean Giono. Ce travail en forêt est un hommage direct à l’une de ses œuvres les plus humanistes : L’homme qui plantait des arbres. A travers cette série, j’ai voulu souligner le regard profondément visionnaire de Giono : bien avant l’éveil de la conscience écologique contemporaine, il avait compris le besoin vital et urgent de planter des arbres et de respecter le nature pour préserver l’avenir de l’humanité.
En mettant en majesté les hêtres fayards, essences emblématiques de nos massifs, j’ai voulu célébrer l’œuvre silencieuse patiente et solitaire d’Elzéard Bouffier. A travers cinq compositions picturales, la série propose une déambulation poétique au cœur d’une nature ressuscitée par la volonté d’un seul homme, là où la prose de Giono prend vie « sous l’objectif. »
Pour traduire cette sensation d’irréel et de souvenir littéraire, j’utilise la technique de la surimpression en post-traitement. Par un travail informatique minutieux, je superpose mes prises de vue, jouant sur la matière et les textures. C’est ainsi que la netteté photographique se dissout. Les contours s’adoucissent pour laisser place à une esthétique vaporeuse. Elle permet d’évoquer l’image mentale d’un paysage de conte, un paysage vu « sous la lampe cernée par la nuit. »
- Site de Pauline Fournier : https://www.pauline-photographie.fr/





3ème prix : Pierre Gable
Cette série part de mon lien ancien avec les paysages de Haute-Provence et avec l’univers de Giono. Je vis et parcours ces lieux depuis plus d’une vingtaine d’années, et leur lumière continue de nourrir mon regard.
À travers les brumes, les reflets et les lumières fragiles, j’ai cherché à montrer moins des paysages que des présences.
Mon intention était de faire sentir ce moment où le réel se trouble peu à peu et devient presque intérieur.
Photographier ici, c’est pour moi prolonger ce lien avec l’œuvre de Giono et tenter de révéler, derrière le visible, quelque chose de plus intime.
- Site de Pierre gable : https://pierre-gable.fr/




